17/12/2025

EN BREF N°670 : Lettre au Père Noël

Revendications

Cher Papa Noël,

En principe, nous ne croyons pas trop en toi, mais aujourd’hui nous sommes tellement inondés de promesses farfelues et d’engagements non respectés par nos gouvernants que nous sommes contraints de revoir notre postulat : cette lettre de doléances semble désormais bien plus raisonnable et crédible… Cher Papa Noël, dans nos petits souliers on aimerait trouver :

Des augmentations de salaire
Dans la recherche, nous avons les pires salaires de toute la fonction publique. Depuis plus de 25 ans, nous avons subi une érosion monstrueuse de notre pouvoir d’achat. Comme l’indignité est devenue la norme face au mépris de notre gouvernement, on s’est dit que tu restais notre seul espoir pour sortir des fins de mois difficiles.

Des budgets pour travailler
Nous sommes les seuls fonctionnaires à devoir trouver et gagner nous-mêmes l’argent pour accomplir nos missions, sur lesquelles nous sommes sans cesse évalués. Et comme cela ne suffit pas, le gouvernement utilise notre fonds de roulement. Mais quelqu’un qui fait travailler durement une autre personne pour lui prendre une grosse partie de ses rétributions, cela n’a-t-il pas un nom ?… Ce serait bien que nous ayons pour une fois les budgets pour exercer sereinement nos métiers… avant que nos maisons ferment …

Plus de promotions et plus d’égalité dans les primes
Nous travaillons dans les contraintes : la contrainte des postes non remplacés, la contrainte des budgets en baisse, la contrainte de mener à terme nos projets pour répondre aux contraintes des publications sans cesse, car nous sommes contraints par les évaluations qui observent sans contrainte la quantité et la qualité de notre travail et sans dire mot sur… ces contraintes… Au terme de ces efforts, la reconnaissance serait bienvenue pour tous. Avancements et primes sont des reconnaissances dispensées avec bien trop de parcimonie.
Il serait plus juste que les efforts de toutes et tous soient reconnus !

• Plus de promotions pour les collègues

• Des primes plus égalitaires…

Des postes de titulaires
Nous sommes toujours moins nombreux à conserver les savoirs et à former nos collègues précaires, 30% dans la fonction publique et plus de 40% à l’Inserm. On ne veut plus les voir partir sans pouvoir leur offrir de la stabilité. Et pour nous, la charge de travail est toujours plus importante et nos métiers sont peu à peu vidés de leur sens.

Une politique managériale de « ressources humaines » plus humaine
On est souvent obligés de se battre pour faire valoir nos droits. On ne voit pas toujours ce que l’on fait. On ignore souvent nos besoins et notre engagement. On minimise nos souffrances au travail.

Un gouvernement et des parlementaires qui nous soutiennent
Nos gouvernements exigent toujours plus de nous sans aucune considération sur la temporalité de la recherche. Ils exigent de la recherche fondamentale des solutions à leur crise économique. Mais la recherche fondamentale produit principalement de la connaissance, pas des mixers pour le « Black Friday ». Il serait temps que la recherche ait des gouvernants et un ministre de la recherche qui nous donnent les objectifs et les moyens en adéquation avec nos missions.
On voudrait un ministre qui ne nous dit pas qu’il « ne peut rien pour nous », et que « la recherche publique n’intéresse pas les députés » ou que nous devons nous débrouiller nous-mêmes pour défendre nos budgets.

Cher Papa Noël, on te promet qu’on a bien travaillé et qu’on va continuer l’année prochaine ; quant aux membres du gouvernement, on te laisse décider s’ils méritent les cadeaux qu’ils demandent !

Joyeuses fêtes de fin d’année à tous

EN BREF N°670